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Max

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Max de Sarah Cohen-Scali



Editions Gallimard

Max n'est pas un enfant comme les autres.
D'ailleurs, il n'est pas un enfant tout court. Il est un "produit". Celui du IIIe reich, celui de la folie, celui d'une idéologie qui a existé, il n'y a pas un siècle de cela.
Des "max" ont existé. Pas ce personnage en particulier, mais ce "résultat d'expérience humain".

Tout commence en 1936.
Hitler est au pouvoir depuis 3 ans et a vite nazifié l'Allemagne, progressivement il réalise son programme dont font partis les Lebensborn où nait notre personnage principal.
Max est l'aryen parfait. Et il le sait. Car il nous parle. Ce roman écrit à la première personne nous permet de suivre, depuis le ventre de sa mère, le prénommé "Max" par sa mère ou plutôt "Konrad" (par l'administration) ou plus tard "Tête de Mort".
Avant même que le cordon ombilical ne soit coupé, Max a donc le sentiment d'être supérieur, meilleur...en un mot : PARFAIT ! Son existence ne peut donc qu'être extraordinaire et surtout au service du Reich et d'Hitler.
Telle doit être sa destinée, forcée par des enseignements ne laissant aucune place à la tolérance, à l'imagination, au plaisir, au respect ou quelqu'autre valeur incompatible avec l'inhumanité du IIIe Reich. Mais le rêve d'Hitler qui devait durer 1000 ans ne tiendra pas au-delà de l'année 1945...
Pendant 9 ans et demi, "Max" va apprendre et participer, sans le moindre sentiment, aux pires horreurs, sans qu'un doute puisse s'immiscer...Jusqu'à l'arrivée de "Lukas"...

Ce livre est un roman sorti tout droit de l'imagination de Sarah Cohen-Scali.
Imagination...fort bien documentée. Il reprend l'histoire vraie des Lebensborn, des "usines" à enfants aryens.
L'écriture à la première personne est un défi littéraire assez risqué lorsqu'il s'attaque à un tel personnage imaginaire, mais il rend le récit encore plus dur. Car il faut s'y attendre : ce livre est dur, violent, triste.
Il ne pouvait en être autrement dans l'intolérante et intolérable Allemagne nazie.
Les mots sont crus parfois, souvent même, car il n'y avait pas de place pour la poésie dans ce cerveau conditionné.
Le style est sec, les phrases collent au ton et à la réalité de l'époque. Plutôt facile à lire, "Max" sait mettre mal à l'aise : une part de l'enfant est attachante malgré les sales idées qui lui encombrent l'esprit. Chaque page fait réflechir et ne s'adresse pas à n'importe qui...
Si vous trouverez notre livre au rayon A (avec la côte A+), il s'adressera aux lecteurs les plus matures et avertis...mais ils passeront assuremment un très bon moment.