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Le vent du Nord de Jean-Baptiste BARONIAN (éd. Anne-Marie Métailié)

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le vent du nordC'est par un spécialiste de la littérature fantastique, qu'en ce mois de septembre

2010, nous entamons une nouvelle série de chroniques.

Jean- Baptiste BARONIAN, né en 1942 à Anvers de parents d'origine arménienne a vécu son enfance et son adolescence à Bruxelles, véritable « melting-pot » de la Belgique à tous points de vue : éducation, culture, littérature, musique...Peu connu du public en France, quelques indications biographiques ne seront pas superflues concernant cette véritable éminence grise des milieux éditoriaux belges et français.

 

Très tôt attiré par la littérature, il se lance dans l'édition à l'âge de 25ans.

Mais après avoir édité un seul livre, sa maison cesse son activité. Malgré tout, il se fait un nom dans le monde éditorial bruxellois, et finit par rentrer en 1969 dans la vénérable maison Marabout (l'éditeur entre autres d'Henri Vernes, l'auteur des célèbres « Bob Morane » où il s'occupe du développement des collections »Fantastique » et « Science-fiction »). En 1975, la publication de l'anthologie « La Belgique fantastique » est saluée par la critique ; elle a été rééditée depuis aux éditions »Les Eperonniers «, en 1984. Dans la foulée, il publie également « La France fantastique ». Le fantastique est devenu son terrain de prédilection. Il met en valeur cette littérature à Paris ( au « Livre de poche »,par la création de la collection « Le masque fantastique » en 1977, de la série « Fin de siècle » chez 10-18 en 1988,...).

Spécialiste reconnu du créateur de la série « Harry DICKSON », Jean Ray, il se charge, dès 1982, d'une monumentale réédition complète des « Harry DICKSON » (qui ont paru initialement en fascicules).

 

Outre ces activités prenantes, Jean-Baptiste BARONIAN se consacre à l'écriture sous son propre nom ou sous le pseudonyme d'Alexandre LOUS pour des romans policiers. Les lecteurs réguliers du « Magazine Littéraire » (disponible en Médiathèque) le connaissent pour ses chroniques de bibliophilie (sous son véritable nom). Depuis une dizaine d'années, il écrit également pour les enfants dans des genres divers (contes, énigmes policières...)

 

« Le vent du Nord » a été publié en 1996 chez Anne-Marie Métailié. Un mois de novembre, dans les années 1950, Alexandre, 12 ans, séjourne chez sa tante Lucienne dans une superbe demeure à Knokke-le-Zoute (Côte Belge). Un enfant solitaire et rêveur qui cherche à échapper à l'atmosphère étouffante de la villa. Il se rend souvent dans les dunes à la recherche d'un trésor imaginaire, mais à qui vraisemblablement ses lectures ont donné la force du réel...

Un monde paisible, cossu, bien ordonné que rien ne viendrait troubler sauf que...chercher un hypothétique trésor n'est pas une activité anodine !

La Seconde Guerre Mondiale n'est pas loin dans le temps. C'est pourquoi un jour, Alexandre découvre un revolver au côté d'une vieille chaussure apparente.

Il serre contre lui cette trouvaille fascinante.

 

Tout bascule lorsque surgit, peu après, un homme menaçant qui se jette sur lui.

Machinalement, l'enfant appuie sur la détente deux fois et...deux coups partent. Et c'est

l'horreur. Epouvanté Alexandre s'enfuit à toutes jambes des dunes désertes, longe la digue, retourne chez sa tante, camoufle immédiatement le revolver dans la cave à vins. Apparemment, personne ne l'a vu. Dans l'affolement, seuls ses moufles sont restées dans les dunes à côté du cadavre...

 

Les choses se compliquent avec le docteur Vermote qui vient de plus en plus souvent rendre visite à la tante Lucienne à la villa « La Reculée ». Pour des raisons uniquement médicales ? Son titre de médecin l'amène aussi à exercer des fonctions de médecin légiste pour la police locale. Appelé sur les lieux du meurtre, il reconnaît immédiatement les moufles achetées avec tante Lucienne dans une mercerie de la ville...

 

Un enfant timide et sensible, meurtrier malgré lui, va devoir affronter les allusions insidieuses du docteur Vermote. De plus, si cela ne suffisait pas, il n'aurait pas du entrer sans frapper à ce moment dans la chambre de tante Lucienne...

 

Composé de 97 chapitres en 173 pages, ce livre apparaît construit comme un tableau où l'écrivain (le peintre ?) , par petites touches, suggère la dramatisation croissante de la situation lorsqu' Alexandre doit quitter son enfance et affronter un monde d'adultes qu'il ne soupçonnait pas .On peut très bien imaginer le résultat final où l'enfant est, au centre du tableau, le seul point lumineux d'un ensemble sombre et torturé.

 

Au total, un livre d'une lecture agréable et dont la brièveté des chapitres incite à ne pas le reposer avant de l'avoir achevé, d'autant plus que l'épilogue, quarante ans plus tard, sera surprenant.

 

La médiathèque Gustave- Ansart possède d'autres œuvres de J.B. Baronian chez les adultes comme chez les jeunes. Se renseigner, bien sûr , sur place auprès du personnel.

 

A signaler, pour terminer, un ouvrage remarquable : « Panorama de la littérature fantastique de la langue française » publié initialement en 1978 et remis à jour en 2000 (éditions » la Renaissance du Livre » à Tournai). Ce livre est une excellente introduction à un pan très méconnu de notre littérature. Il est, bien sûr, disponible en Médiathèque.