« Aukai », ce n’est ni un personnage marvel dont le nom aurait été mal orthographié, ni une marque de matériel musical. Cela fait référence à un état de transe selon la culture hawaïenne.

Musicalement, Aukai propose un style très poétique, minutieux, délicat, s’inspirant beaucoup de la musique du monde (le monsieur utilise massivement les sonorités douces et cristallines du Ronroco, une sorte de charango, cousin de la mandoline), un peu de la musique électronique pour les structures, et éventuellement du neo classique ou de la musique de film pour les orchestrations. Tout ça donne des albums sensibles, beaux, relaxants et mélancoliques. Un peu comme si Cocoon rencontrait le Yann Tiersen des débuts sur la plage. On retrouve ici du violoncelle, de la harpe, du violon, et aucune secousse ; du début à la fin, on est bercé, caressé par la brise, enveloppé et transporté dans le même état décrit plus haut. Pari réussi donc ? Je veux, oui ! « Game trails » est une bulle, une exception dans un monde où tout va trop vite, trop fort. Bien sûr, je n’ai pas de point de comparaison, puisque je découvre le travail du compositeur Markus Sieber avec ce quatrième album du projet. Mais sa musique me rappelle certaines ambiances fantasmagoriques de Hidden Orchestra, et ça, c’est magique. Quand on pense que depuis tout ce temps, Aukai fait tout de façon artisanale (ce qui n’exclut pas de le faire de façon réfléchie et savante), et qu’il autoproduit ses disques… Et bien, on se dit que le monde est mal fait, et qu’il mériterait bien plus d’attention. Mais c’est aussi ce qui fait la magie d’une telle découverte hasardeuse ; trouver une pierre précieuse dans le lit d’une rivière, dans la nature sauvage, c’est quand même autre chose que de l’admirer dans une vitrine… Bref, Aukai est le type d’artiste qu’on aime à découvrir. Bravo, simplement. (Marc - Saint Amand)

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