Entre rock progressif, folk rock, psychédélisme d'ermite, influences world sous-jacentes, les albums du groupe tracent leur propre chemin sinueux à travers des bois peuplés de créatures magiques,

témoins d'un temps qui passe plus lentement et de magies oubliées du quotidien. On avait quitté Hexvessel en 2019 avec un disque réussi qui gommait les influences plus ouvertement rock ou metal des autres expériences musicales de son savant fou en chef Mat McNerney. Bonne nouvelle, il semblerait que ce soit plus sa participation au projet Me And That Man que celle à Carpenter Brut qui ait inspiré le bonhomme pour ce retour très rapide : pour moi un titre comme « Phaedra » aurait pu correspondre. Le retour du groupe chez son label historique était un signe qui ne trompe pas : il marque un retour à un style plus épuré et folk, laissant le plus souvent de côté les influences typiquement prog, même si l'esprit aventureux et les expérimentations sont encore là. Mais ce qui ressort surtout, c'est la beauté et le magnétisme de l'ensemble : « Kindred » est un aimant, attirant l'attention et l'adhésion, semant insidieusement des graines qui porteront leurs fruits à l'insu de l'usager, qui y reviendra instinctivement après une ou deux écoutes. Et pourtant, certaines mélodies sont étranges, certaines parties imparfaites... Mais à la sortie, on ne retient que cette impression d'avoir pénétré dans une forêt enchantée au petit matin sous une cape d'invisibilité, et d'avoir assisté à des scènes qu'aucun autre n'a pu voir auparavant, entre menaces ourdies à l'encontre de l'envahisseur humain et féerie pure. C'est ce mélange clair-obscur qu'on retient le plus, d'ailleurs, et qui fait la force de « Kindred ». Quel groupe !

Marc - Saint Amand les Eaux

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