Je ne connais Lexa Large que depuis peu. J’ai reçu deux de ses clips, « Interdit » et « Moindre mal », et j’ai vite capté que derrière ces textes goguenards et ses airs de ne pas y toucher, il y a un vrai talent.

La distance prise avec le sujet, la prise de position « real life », l’humour omniprésent (ou presque) du bonhomme viennent vraiment contraster avec ce qui est médiatisé aujourd’hui : un peu de fraîcheur, ça fait du bien. Et en plus, c’est un « local » ; que demander de plus ? Bien sûr, « Sursis » est plus coloré, différent de ce que j’écoute d’habitude en terre hip-hop. Et c’est drôle d’ailleurs, parce que même si en rap français je suis très attentif aux textes, c’est la musique qui m’accroche d’abord. Ici, c’est le contraire. Mais le flow cool et détaché de Lexa a aussi quelque chose de nouveau, d’osé. On pourrait le rapprocher d’un Orelsan, autant dans le rythme que dans l’intention, même si le timbre est différent. On est loin du style épileptique des cracheurs de trap en tout cas. Musicalement, comme dit plus haut, Lexa Large s’écarte de ce qui se fait dans le rap game en adoptant un style bien plus ouvert et pop, empruntant au r&b, à l’electro, à la world music, un peu tout ce qui traîne à sa portée. Mais loin d’être un gros collage, ou une vraie-fausse compil’, chaque titre est assez malin pour intégrer chaque élément en tant que gimmick, ayant pris garde de bien le digérer avant de le réutiliser. On ne s’y trompe pas, c’est bien un disque de trentenaire, les petits frères d’aujourd’hui laisseront ceux d’hier en profiter en leur lâchant un « ok, boomer » de bon ton. Mais pour ces derniers, « Sursis » aura tout d’un vieux pote. « Où est passé mon rap ? » disait Yoshi. Lexa Large a chourré un champignon à Mario pour lui faire ingérer de force ; il ne l’a pas recréé, le rap de notre enfance, il l’a fait mûrir. C’est une idée intéressante. (Coup de coeur de Marc - Saint Amandles EAux

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